La transat blablablabla…

Leenan Head semble comme se réveiller après ce petit mois de pause à El Hierro. A bord, on s’agite, on s’active, on fait les derniers préparatifs pour la Transat. Cette aventurière inconnue qui fait rêver. Mais, au fait, c’est quoi une transat ?

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Le port de la Restinga, El Hierro

 

Cette année, tous les équipiers de la transat ont déjà eu l’occasion d’embarquer…en général pour des navigations côtières. Ils révisent le jargon du bord sur le pont, histoire de se remettre dans le bain avant le grand saut…quand sonne une dernière phrase « surtout, il ne faut pas oublier une chose, c’est qu’en transat on passe beaucoup de temps à ne rien faire !! ».

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Et hop, un coup de peinture pour que Leenan Head soit tout beau avant de partir…

 

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Invocation du Dieu Eole avant le départ ???

 

Surprise dans le regard des équipiers. Vous en faites partie. Comment ça il ne se passe rien ?

Heureusement les quarts sont là pour rythmer le quotidien. Vous faites le 2h-4h.
Vous allez vous coucher vers 20h pour votre première nuit au large…heureux à la perspective d’une douce nuit bercé par les alizées. Vous entendez le vent qui fraîchit. A 20h52, alors que vous commenciez à vous endormir, un équipier vous réveille pour une prise de ris. Soucieux de bien faire, vous vous précipitez pour filer un coup de main. Vous retournez vous coucher à 21h23, non sans avoir apprécié le spectacle d’une nuit étoilée, exempte de toute pollution lumineuse. 22h. Le vent a encore fraîchi, deuxième ris. Vous montez sur le pont, après avoir cherché vos lunettes de vue coincées au pied de la banette. Filer un coup de main. Retourner vous coucher. Aïe, le réveil est à 1h30, ça va faire une petite nuit ça. 23H11.Vous rêviez de sirènes et voilà que votre co-équipier vous ressort de la bannette : « Il faut renvoyer la grand-voile ! On a besoin de bras ! ». Cette fois-ci vous avez les yeux tout collés, vous galérez pour enfiler votre harnais et commencez par être sérieusement contrarié par cette nuit en pointillé. Vous le faites comprendre. Vous faites vite, et retournez vous coucher sans un regard pour les étoiles. 23H24. 23H47. 00H03. Impossible de trouver le sommeil et plus qu’une heure et demie avant la sonnerie de votre réveil. 00H34 et…la sonnerie du réveil !! Ouh là là c’est dur. Bon un café, le harnais et vous y allez en maugréant un vague salut à celui qui vous laisse la barre. Ça y est le vent semble plus régulier et les autres, eux, devraient dormir peinards. Bon, il faut admettre que la nuit est superbe et que le temps de quart passe vite. A 4h du mat’ vous filez vous coucher et faites mine de ne pas entendre les quelques fois où l’on s’active sur le pont. Ca doit être un poisson volant échoué…Vous apprenez vite…

Le jour se lève sur une mer sans côtes. Ca y est. C’est le grand large. Rien à signaler. Chacun prend ses marques, vous faites connaissance avec les autres équipiers et mettez des lignes de pêche à l’eau. Vous vous sentez bien là. Loin du monde et de ses caprices.

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Le grand large

 

4ème jour. Vos nuits sont plus régulières et les journées s’enchaînent. La mer est belle, et bleue. Et il fait chaud.

5ème jour. Idem. Vous pêchez une daurade coryphène, chacun se rue sur l’animal superbe et coloré, et tous les convives apprécient ce met délicieux (sauf l’invitée à écailles).

6ème et 7ème jour. La mer est belle, et bleue. Et il fait chaud.

8ème jour. Vous venez de finir « la longue route » de Moitessier et décidez d’apprendre l’espagnol. Des années que vous voulez vous y mettre.

11ème jour. Leçon deux d’espagnol, 3 daurades pêchées. Des dauphins vous ont accompagné toute la journée. Ah de la vie dans cette immensité !

15ème jour. Encore de la daurade. Et votre binome de quart qui fait des expériences culinaires et qui vous en propose en sushis au petit déj à tremper dans le café…Il le fait et vous lance un grand sourire : « fameux ». Quelle horreur. Vous allez vous isoler à l’avant du bateau où vous trouvez trois poissons volants.Vous en lancez un vers lui : « Tiens pour ton café » !

Tout à coup, le navigateur annonce que vous êtes à 5 jours de l’arrivée. Vous aviez presque oublié que vous étiez en plein océan, entre deux terres. Ce qui signifie un départ et une arrivée !! Votre moral remonte en flèche. Et vous allez voir votre compagnon de route à la barre, prenez un de ses sushis et le trempez dans votre café : « tu avais raison : délicieux !!! ». Quelle belle journée. Et quelle belle nuit : des étoiles, du plancton bioluminescent. Une ou deux manœuvres que vous exécutez avec du baume au cœur. C’est merveilleux.

18ème jour. Le navigateur annonce que vous êtes à 5 jours de l’arrivée. Oui oui, vous avez bien lu. Voilà trois jours que vous êtes dans la pétole, à 1,5 nœuds. Le gréement couine et les balistes vous doublent. Vous lisez les livres de mer du bord, dire que le seul bouquin de montagne est déjà pris. Vous compatissez pour tous ces marins coincés dans le pot-au-noir. Et vous commencez à penser sérieusement à un plan B. Vous apprenez des choses utiles dans ces ouvrages : en cas de traversée trop longue les anciens mangeaient du cuir ou des rats. Vous avez bien repéré du cuir à bord de Leenan Head, mais pas de rats. Le stress monte, vous lorgnez vers les plus jeunes équipiers.

20ème jour. La pétole. Encore. C’est long, très long. Mais ils sont où ces KJGMK d’alizés ? D’autres équipiers bien plus optimistes que vous en profitent pour développer leur créativité. Certains tannent les peaux de daurades pour s’en faire des dessous afriolants. D’autres lisent les mémoires de Churchill et Proust en Russe. Dire que vous stagnez à votre 5ème leçon d’espagnol. D’autres encore montent une association de sauvetage de poissons volants échoués sur le pont. D’autres se prennent pour de grands marins en faisant des calculs compliqués avec un sextant. Pff. Frimeurs, ‘y peuvent pas utiliser le GPS comme tout le monde ?
Bref. Il est temps d’arriver…

25ème jour. Vous sortez de votre torpeur intérieure…Terre !!! Terre !!!! Les Caraïbes ! Explosion de joie sur le pont, vous y êtes, vous avez réussi, tous ensemble vous avez traversé l’Océan Atlantique à la vitesse d’une trottinette !


Ah, là, on vous a vendu du rêve, parole de scribe.

…Ben soyez rassuré, on a beau savoir tout ça, et bien on recommence, parce qu’il faut bien l’admettre, une bonne transat, c’est surtout, et toujours une sacrée belle aventure ! Vous aurez donc de (vraies) nouvelles de Leenan Head et de son équipage début janvier, lors de leur arrivée aux Caraïbes !

A suivre 😉

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Salut à toi terre volcanique…

3 commentaires

  1. un bla bla bla sur la transat avec beaucoup d’humour et oui je vais devoir attendre début janvier pour avoir des nouvelles de mes marins !!!! les fêtes vont étre longues mais le principal c’est qu’elles se passent bien pour nos matelots . merci à vous cette lecture m’a fait passée un bon moment

  2. Merci pour cette jolie longue lettre. la transat, çà semble carrément mieux que le transat, dommage que ce soit pas le moment de rêver. je vais relire çà ce soir, merci scribe. bises aux marins connus.

  3. OH…

    bah ça me rappelle un truc…

    les dessous en peau de dorade ne restent pas, les souvenirs oui, les leçons d’espagnols un peu…UN POCO mais pas trop!!!

    des bises de brises

    que la force du chiapati vous accompagne!!!

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