La Saga du Surfo Sapiens

Ces 15 derniers jours Leenan Head avait une mission : conduire son équipage au pied du spot de surf de l’île de Vestvagoy : Unstad. LE spot de surf le plus septentrional d’Europe. Voici en quelques mots le récit de cette épopée.

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Tout d’abord décrivons le Surfo Sapiens : il est grand, beau, bronzé, une planche de surf sous le bras et des vagues dans les yeux -ou les yeux vagues, suivant l’heure.

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Un Surfo Sapiens en cours de transformation trollesque

Aux Lofoten, le Surfo Sapiens sera recouvert d’une combinaison néoprène épaisse, l’eau étant fraîche (un petit 11°C). Sans sa dose de houle, le Surfo Sapiens, se décompose, et se transforme pour finir par ressembler à un troll Norvégien. Ces petits êtres belliqueux, tantôt gentils, tantôt agressifs, au pieds velus et à la peau pustuleuse. Hors de question de prendre ce risque, sous peine de ne jamais être pardonnés par la Surfette Sapiens -jamais très loin du Surfo Sapiens.

Nous avons donc quitté Svolvaer fébriles, intercédant auprès des Dieux Vikings (si nombreux qu’il y a de quoi faire pâlir les grecs antiques de jalousie) afin d’avoir quelques vagues à se mettre sous la planche. Pour atteindre le spot, une première étape était nécessaire au Trollfjord. Une brèche creusée à flan d’une montagne de plusieurs centaines de mètres. L’occasion pour notre Surfo Sapiens, après avoir croisé quelques-uns des habitants fabuleux du fjord, de prendre son mal en patience, afin de ne pas commencer sa mutation…Leenan Head se cale sur un petit quai pour profiter du spectacle.

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A la manœuvre, pour entrer dans le Trollfjord

 

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Le Trollfjord

La deuxième étape est tout aussi impressionnante : une île aux mouettes tridactyles, baignée dans des lumières caribéennes faisant face à des montagnes enneigées. On a beau en être proche, il y a de quoi perdre le Nord ici. Où sommes-nous ? Aux Grenadines ? Dans les Pyrénées ? En Suisse ? Nous approchons d’Unstad, le Surfo Sapiens commence à regarder sa planche avec avidité et inquiet. Peut-être qu’il pourrait l’utiliser comme un snow-board ?

Heureusement, les jours suivants nous ramènent les pieds sur mer : les escales consécutives dans deux petits port du Nord de Vestvagoy et leur puissante odeur de morues séchées nous rappellent que nous sommes chez les Vikings norvégiens. L’aîné de la troupe ira explorer de près ces gibets. Des centaines de têtes de poissons prennent le soleil -de minuit- et finiront en grande partie en compléments alimentaires destinés aux malnutris des contrées africaines…

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Réunion de Morues

Le Surfo Sapiens s’inquiète : non je ne finirai pas ainsi desséché sur un tas de bois -comment ça Leenan Head est un tas de bois !?
Craignant quelques trollesqueries, l’équipage s’active et enfin, oui, ça y est, nous atteignons la pointe d’Unstad.  

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En contrebas, le spot d’Unstad

Le fameux spot que tout jeune Surfo Sapiens a en poster dans sa chambre. Il est là, sous nos yeux, ouvert à la houle du large, encerclé de montagnes, sublimes et…pas la moindre vague, pas une petite ride. Flop. Aïe. La pression monte. Mais les Leenan Headiens ne sont pas du genre à baisser les bras au premier obstacle. Nous décidons donc de passer trois jours au mouillage à Maervoll, petite bourgade jouxtant le fameux spot. Les montagnes sont plus impressionnantes que jamais. Face à nous un « jellet » (sommet en norvégien) de 964m – on l’a mesuré- habillé d’un névé, qui encore une fois plonge dans une eau turquoise. Je vois bien que vous doutez. Voyez plutôt sur la photo ci-dessous :

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Leenan Head est en bas à gauche !

Donc le Surfo Sapiens des Lofoten, doit aussi avoir quelques prédispositions à la randonnée. Les vagues arrivent. Mais les bus sont partis en vacances, et nous n’avions pas la place d’amener les motos à bord (il a fallu choisir entre les lignes de pêche et les bécanes). C’est donc avec la détermination des fils d’Odin que le Surfo Sapiens sera prêt à parcourir avec son équipement de guerrier des flots quelques dizaines de km pour une bonne heure de sensations extrêmes.

Le voilà, heureux et comblé. Ouf ! Pendant ce temps, les Rando Sapiens se régalent des chemins aventuresques qu’ils peuvent emprunter à loisir sur les cimes des Lofoten. De leur promontoire, ils regardent Leenan Head pensifs…et se disent que heureusement, pour arriver ici depuis la Bretagne ils n’ont eu ni à ramer, ni à se plonger dans une eau froide…La voile a quelques avantages.

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Un Rando Sapiens

Ils ont en commun avec le Surfo Sapiens d’avoir les yeux qui pétillent quand ils passent du temps en mer…Est-ce cette même étincelle qui a poussé les Vikings à parcourir le monde ? Allez-savoir !

A suivre…

2 commentaires

  1. Extra, merci! Suis en Norvège ces jours-ci, dans la région de Sirdal, montagne donc. Et quel froid pour un mois de juillet!

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