Ekosea…et une histoire d’Ile

En une semaine nous sommes déjà à 36% de l’objectif fixé pour le financement participatif Ekosea !
Maël, Léo, Philippe, Jean-Marc, Guillaume, Dom, Rémi, Pascal, Thibault, Catherine, Marie-Françoise, Phil, Raphaëlle, Andy, Laure, Régis, Julien, Antoine, Laura, Tételle, HB, Manue, Florian, Fabien et Yann-Aël…MERCI !!!! 

Pour contribuer, c’est par là :
https://ekosea.com/projet/16-leenan-head-un-zulu-pas-comme-les-autres
La bafouille qui suit est dédicacée à tous ceux et celles qui nous suivent et nous encouragent à poursuivre cette vie au bord de la terre !

 
La vie en mer fait rêver ceux qui sont épris de liberté. Ceux qui pensent à d’autres possibles. Nombreux sont les équipiers qui se sont relayés à bord. Chacune de ces rencontres nous apprend, faisant de ce quotidien une véritable aventure humaine.
Parce que cette vie rêvée est avant tout une vie simple, faite, non pas d’exploits, mais d’une multitude de petits riens auxquels on laisse le temps d’exister.

Vous trouverez d’ici notre départ, fin avril 2016, quelques anecdotes cocasses qui ont jalonné le tour de l’Atlantique Nord de Leenan Head en 2015…des souvenirs de voyages dispersés ici et là…
 

Hiver 2015 – Une île de rêve ou le rêve d’une île ?

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Une île déserte dont on taira le nom…avec Jean qui y réalise un rêve de gosse…

Ce matin, en quittant Carriacou nous avons essuyé un grain blanc si violent, que l’annexe remorquée s’est retournée ! Mais quels paysages, quelles couleurs ! Les pluies tropicales sont incroyables, salvatrices parfois sous la chaleur étouffante. Un spectacle inoubliable sur l’eau d’une mer qui se lève et dont la surface est martelée par des millions de gouttes. Nous sommes trempés de la tête aux pieds en 5 minutes, rincés mais heureux. On se sent vivants !

Nous passons une première caye sans encombre, contournons une île sculptée par les millénaires en ‘pain de sucre’, pour arriver à destination. Le grain est passé. Nous jetons l’ancre dans l’eau translucide.

Ah l’île déserte…enfin ! Celle dont j’ai rêvé enfant, l’île de tous les possibles, où l’aventure nous attend à chaque pas. La voici, devant moi. Elle est parfaite : le lagon turquoise habité par une multitude de poissons multicolores, la plage de sable blanc, les cocotiers, une petite cahute, vestige discret d’un ancien Robinson, et au loin une montagne qui invite à la varappe. Parfaite je vous dis !

Deux jeunes équipiers sont déjà en route pour une expédition qui s’annonce extraordinaire. J’amarre une paire de tongues à un bout que j’enroule autour de ma taille, et je plonge : aller à la nage sur l’île, le bonheur suprême…
Mais! un aventurier doit s’attendre à essuyer quelques déboires. La première épreuve consiste à s’extirper dignement de l’eau tiède, sans écraser les coraux, tout en évitant les oursins et la chute qui changerait totalement l’atmosphère idyllique de ce tableau. Les coraux sont trop précieux pour les endommager je les évite, la chute n’est pas recevable, question d’amour-propre, donc je choisis la piste des oursins et me plante une demi-douzaine d’épines dans la main (oui dans la main).

Mais qu’importe, je foule le sable chaud de l’île déserte. Commence alors la partie terrestre de la mission. Tout d’abord trouver un bout de bois qui servira de machette en cas de difficulté. Ah, tout de suite ça fait plus sérieux. Puis avancer tranquillement sur ce qui pourrait ressembler à un chemin. Tiens, la sépulture d’un homme amoureux du site, ornée de lambis et autres coquillages. Comme dans les livres.
Je continue sans hésiter jusqu’au moment où le sable devient vase, et la vase devient molle… ne pas songer à ces sables qui vous entraînent vers les entrailles de la terre en deux minutes. C’est du cinéma ça. Bon, malgré moi, et quelque peu angoissée, je cherche une trace humaine aux alentours : crânes, fémurs, ou quelques autres ossements…Et c’est avec un certain soulagement que je ne trouve que des empreintes fraîches. 500m plus loin je vois mes deux jeunes coéquipiers qui déambulent d’un pas assuré dans une grande zone marécageuse. Certes ces autochtones-là, je les connais, mais je suis ravie de les trouver dans cet univers qui me paraît finalement quelque peu hostile…

Ils s’apprêtent à arpenter la montagne. Nous testons différents passages, qui mènent tous soit à des buissons épineux, soit à des cactus, soit à un précipice. Le plus vaillant de nous trois persévère et s’en tire avec quelques griffures mais la fierté d’avoir défié LE sommet de l’île (45m d’altitude environ). Forts de ce succès, nous profitons de la vue sur le lagon, et entreprenons de faire demi-tour, on ne peut décemment pas abandonner nos compagnons de bord pour bivouaquer ici…
Encore une fois, je me dois de remercier la providence de m’avoir mise sur le chemin de mes deux acolytes, qui eux, ont eu la présence d’esprit de tracer leur chemin dans le sable vaseux. En effet, sans ce coup de pouce du hasard, je serais sans doute encore en train d’errer sur ce caillou – qui malgré sa petitesse est grand, aussi paradoxal que cela puisse vous paraître… Que mes compères en soient remerciés ici.

Donc nous suivons la courbe tracée au bâton, laquelle nous ramènera à bon port. Un détail cependant, elle passe au cœur d’une forêt -dont on admirera au passage la biodiversité.
Et il est 17h. Vous serez surpris d’une considération aussi basique que l’heure au cœur de ce récit ..heu…palpitant, mais sachez que 17h, aux Caraïbes, c’est l’heure du thé pour les anglais, comme partout dans le monde, et l’heure de sortie pour les moustiques. Or, le moustique de l’île déserte est particulièrement vorace puisque par définition, sur une île déserte où les gibiers de notre sorte sont rarissimes.
Dans mon empressement à partir à la découverte de l’île j’ai omis de m’asperger d’anti-moustique,  de surcroît très anti-héros. Mes deux compagnons, moins protocolaires, eux, y avaient songé. Me voici donc seul gibier potentiel pour les milliards de moustiques affamés qui semblent habiter cette forêt marécageuse.

Dix minutes auront suffi pour me maculer de piqûres, morsures et autres misères. Je cours, me faufile entre les branches, pousse toutes sortes de cris effrayants mais rien à y faire, ils sont tenaces. Seul le lagon me délivrera de cette course-poursuite…tant pis pour la chute, les oursins ont déjà eu leur part.
De retour à bord, on s’inquiète de ma mine défaite, de ma peau boursouflée et on s’étonne de mon agitation dont le but est d’accéder aux endroits qui démangent en me livrant à toutes sortes de contorsions ridicules…

…L’île déserte, le rêve ?!

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