En passant par les 40èmes mollissants…

Une dernière étape Terre-neuvienne avant de prendre le large…

Leenan Head a retrouvé les côtes européennes après 18 jours de mer. Nous faisons escale à Bantry Bay, dans le sud de l’Irlande où l’équipage atterri, humide mais en forme ! Retours sur cette traversée…

(120°) – 90°- 60°-90° – (120°)

Ne vous y trompez pas, ce ne sont pas là les mensurations qui dessineraient la silhouette d’une sirène imaginaire…mais les indications fournies par notre compas magnétique. C’est ainsi que Leenan Head a fait tantôt cap vers les Açores, tantôt cap vers l’Irlande…

Nous quittâmes le  Newfoundland  le 7 août de l’an de grâce 2015 au point du jour (vers 11h), la larme à l’œil, avec pour consolation une morue toute fraîche dans le seau et de l’enthousiasme à la perspective d’une nouvelle navigation hauturière.

Salut à toi St Johns’ !

Première étape: passer les mythiques bancs de Terre-Neuve au sud de la (première) dépression annoncée. Notez que fidèles à leur réputation l’appellation de bancs est quelque peu exagérée car l’assise n’y est pas confortable ! Leenan Head a pris son temps, un coup en fuite, un coup à la cape, et il nous a fallu trois jours pour quitter cette zone de hauts fonds, ancien eldorado des pêcheurs terre-neuvas. Une dernière baleine à bosses nous salue…

En quelques milles, nous passons de 100 à plus de 1000m de fond. Une houle du large plus longue et plus régulière s’installe alors pour le plus grand bonheur de nos estomacs.Là, tout l’art de la navigation consiste à être au bon endroit au bon moment. Nous nous plaçons donc dans les startings blocs, parés à être poussés par de fabuleux vents d’ouest nous guidant droit au but !

Un jour, deux jours…trois jours…(ça commence à tirailler dans les mollets…). Rien. Il semblerait que nous soyons au cœur des 40èmes mollissants. Ne cherchez pas, à notre connaissance, aucun ouvrage de météo n’y fait référence.

Chez les équipiers, commence alors un véritable défilé de mode : quand on aperçoit un bout de ciel gris-bleu, le débardeur-jean-tongues est de sortie. Deux heures plus tard, alors que vous commencez à sécher, une brume d’un froid incisif vous enveloppe et il faut alors vous précipiter sur votre double combinaison polaire, de la dernière mode (compter 15 minutes pour l’enfiler). Deux heures plus tard, la brume perfide cède la place à la pluie, vous permettant d’arborer votre plus bel ensemble ciré-jaune à l’élégance inconditionnelle et y macérer 24h. Suite à quoi vous reprenez cet enchaînement sur la durée de la traversée…

Alors que nous commençons à réfléchir aux façons dont nous torturerons Eole si nous le croisons, notre attention est détournée par quelques visiteurs.

Un globicéphale, deux globi…c’est faux ?

Des baleines à becs tout d’abord , les fameux mésoplodons déjà observés au sud de la Nouvelle-Ecosse, animaux encore très peu connus, et à priori assez rares. Ensuite c’est un groupe d’une vingtaine de dauphins communs qui vient nous voir tous les matins et tous les soirs pendant 5 jours. Une fois la dorsale Atlantique franchie, ce sont des globicéphales qui nous accompagnent à plusieurs reprises. Des spectacles dont nous ne nous lassons pas. La bande sonore est alors une succession d’onomatopées, cliquetis, cris plus ou moins aigus en tout genre..chez les équipiers. Les bioacousticiens étudient les différents sons émis par les cétacés, l’étude de ceux lancés par leurs observateurs humains pourrait également avoir de l’avenir…

Session lecture pour les uns…

En levant la tête, c’est un ballet constant de puffins majeurs, sternes, pétrels fulmar, et labbes au large. Puis un jour, ce sont les premiers fous de Bassan et goélands, un signe qui ne trompe pas : nous approchons des côtes. Car oui, le vent s’est finalement manifesté, poussant Leenan Head à 6-7 nœuds vers l’Irlande. Les jours se sont égrainés ainsi, entre moments partagés d’équipage, séchage de tenues de mer, observation du plancton bioluminescent, cuisine de chapatis en tous genres, session lectures…

…couture pour les autres!

Et puis arrive le moment où le GPS indique que nous ne sommes plus qu’à 50 milles du but. Chacun réalisant que la parenthèse va se refermer, après quelques semaines où le temps était comme suspendu. Au loin, la forme pyramidale et abrupte des îles Skellig apparaît.. l’Irlande est en vue ! Leenan Head file toutes voiles dehors, ravi de retrouver sa côte de prédilection, celle où il a passé 80 années de son existence…

Skellig en vue !
La côte irlandaise…terre! Terre !

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