« Newfoundland » -Episode 3 – De Bonavista à St John’s

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En tête à tête avec un Iceberg

Terre-Neuve est une grande île, immense même. Tout comme le cœur de ses habitants, les Newfies. A quelques jours du départ en transat, voici quelques uns des souvenirs que l’équipage ramène dans ses baluchons.

Après Trinity Bay, Leenan Head a navigué dans les eaux de Bonavista Bay, dont la côte dentelée offre de nombreux abris aux marins.

Pas une seule journée ne s’est passée sans que nous croisions des macareux moines, des puffins, des sternes arctiques pour l’avifaune et des rorquals ou des baleines à bosses. Alors que nous passions les falaises du cap de Bonavista, un soir, dans la lumière couchante, deux d’entre elles ont sauté de tout leur long à une centaine de mètres de Leenan Head. Imaginez un animal de 35 tonnes qui se projette de toute sa puissance juste là, sous vos yeux…Et bien ça nous a laissé sans voix, et il nous a fallu quelques heures pour nous en remettre…Le scribe, captivé, n’a pas eu le temps de descendre chercher son appareil photo. Depuis il est en grève-à-temps-partiel pour cause de surcharge de travail : la revendication principale étant qu’il y a plus de place faite pour les homards et les morues que pour lui et ses claviers. Non mais quel scandale !

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Une baleine à bosses en pleine chasse aux capelans…un spectacle quotidien ici !

Heureusement, le bateau a pu être vite détourné vers des lieux sauvages et inhabités. Vous allez comprendre. Ici, dans le Newfoundland, la vie des Hommes est tournée vers la mer depuis toujours -notez que pour l’avoir testé, ceux qui choisissent les forêts ne peuvent qu’évoluer avec beaucoup de difficultés dans cette densité végétale. Aussi, souvent, même dans des criques très très très isolées, vivent des communautés de pêcheurs. L’arrivée de Leenan Head est alors un événement, parfois attendu, car le téléphone Newfies fonctionne à merveille. A chaque fois c’est la même ! Un accueil des plus chaleureux, avec grands sourires, serrage de paluches, échanges, partage de repas, moments musicaux. Et dans l’allégresse générale, il y a toujours quelques homards qui sont offerts, et depuis peu des morues car la pêche est ouverte pour trois semaines ! De quoi troquer le clavier contre une arrête et de l’encre de Chine…

Bref, le vrai problème c’est qu’avec un accueil pareil, l’équipage se plaît beaucoup ici et rechigne à quitter cette contrée d’une incroyable hospitalité ! Ajouter à cela des retrouvailles avec des amis qui vivent ici depuis des années, et la gorge se serre déjà à l’idée d’un appareillage dans quelques jours…Ainsi va la vie de nomades, ils ne font que passer – mais ils savent revenir aussi.

C’est donc ce souvenir, celui des hommes et femmes rencontrés ici que nous garderons. Des hommes et des femmes qui vivent une grande partie de l’année dans un climat rude et hostile.

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Au mouillage, là-bas, au bout du monde.
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Expédition dans une forêt locale.

Leurs ancêtres sont arrivés à la voile sans instruments de navigation modernes il y a un peu plus de 500 ans. Etant donné le dessin de la côte et la météo capricieuse qui sévit ici…cela force le respect. Ils étaient principalement attirés par les eaux poissonneuses de la région. Ceux-là ont croisé les peuples indigènes, Inuits, Micmacs, Beothuks, lesquels naviguaient en kayaks -respect bis!!- chassaient le caribou et l’ours l’hiver et pêchaient le phoque et la morue au printemps et à l’automne…Nos navigations nous ont mené dans des mouillages sauvages, loin de toute forme de civilisation, là, nous avons souvent pensé à ceux qui les premiers se sont frayés des chemins ici, into the wild…

C’est aussi le souvenir de ces paysages et de moments d’exceptions qui resteront. Comme ce tête à tête avec un Iceberg. Leenan Head était suivi de près à Bonavista Bay par un glaçon de taille très respectable, vestige de la calotte glaciaire du Groenland, dérivant depuis des mois pour finir sa vie à quelques milles du mouillage où nous étions ce jour là. En bons voisins, nous avons décidé d’aller faire connaissance. Il était tout à fait disposé à se montrer sous son plus beau jour, ravi d’avoir quelques admirateurs. Pivotant sur lui même nous avons eu ainsi le loisir de l’observer sur tous ces angles. Il en a craqué de bonheur…ce qui a valut quelques cris d’effroi, plus que d’émoi il est vrai, et quelques palpitations à l’équipage ! Sa robe arborait toute une palette de bleus, de quoi faire pâlir Picasso et les Schtroumpfs réunis. Les images se suffiront à elles-mêmes…

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Rencontre

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Leenan Head intimidé…

Nous voici à St John’s, un mois après notre premier passage. C’est l’heure des derniers préparatifs et des flâneries dans la capitale Terre-Neuvienne, avec ce sentiment mêlé de nostalgie et d’exaltation qui clôt un beau voyage…

Place à la suite, nos regards se tournent de nouveau vers le large et droit devant nous se trouve… l’Europe! Dans quelques semaines, Leenan Head touchera les côtes après 11 mois de pérégrinations autour de l’Atlantique.

A suivre…

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