1ère étape : Douarnenez-Porto Santo

Mise à l'eau d'Arvor
Mise à l’eau d’Arvor
Un clin d'oeil aux copains depuis Porto Santo...
Un clin d’oeil aux copains depuis Porto Santo…

La phrase de l’étape : « On ne va nulle part mais au moins on y va lentement… »

Une arrivée de nuit, sous la pleine lune à Porto Santo, petite île de l’archipel de Madère. Une ombre d’abord, dont la silhouette se précise et s’agrandie au fur et à mesure que nous approchons de la côte, puis l’odeur de la terre. Nous nous posons ici quelques jours après une traversée sur un Golfe de Gascogne étonnamment calme avant de faire route vers les Canaries.
Morceaux choisis de la première étape.

Fugue bretonne.Vendredi 26 septembre, au petit matin.
Leenan Head est au port du Rosmeur au mouillage, paré à partir. Un accordéoniste sur le môle nous fait un signe de la main et nous salue de quelques notes, rêvant à de lointains horizons. A bord, une fois le briefing fait, nous larguons les amarres. Nous quittons la baie et laissons l’île de Sein à babord, puis le phare d’Armen pour un dernier clin d’œil breton, parfois sans billet retour.

Le chant du pouillot véloce. Dimanche 28 septembre.
Nous avons pris le rythme des quarts. Déjà le temps s’étire et nos repères se perdent. Un invité surprise rejoint les équipiers réunis autour du barreur. Le pouillot véloce. Celui-ci ce sera laissé emporter par les vents au large. Pesant tout au plus quelques grammes, il n’est pas mécontent de trouver ici un perchoir adéquat. Le temps d’une escale le piaf nous observe quelques minutes, gonfle fièrement son plumage et le voilà qui repart vers les terres que nous ne voyons plus d’ici. Bon voyage à toi…

Les clics d’Arvor.
Arvor c’est l’un des six flotteurs que nous transportons pour le programme de recherche Coriolis. Nous les larguerons un à un tout au long de la route. Autonomes, ils sont programmés pour mesurer la température, la salinité et les courants.  Ils plongent d’abord à 1000mètres de fond, dérivent à cette profondeur pendant 10 jours, puis descendent à 2000m pour remonter et transmettre les données acquises par satellites. Ils sont 3000 répartis dans les différents océans à faire ces mesures pour alimenter une base de donnée mondiale qui sert entre autre à étudier le climat.
Nous testons l’engin, on entend les clics de mise en route, et nous larguons le premier flotteur en plein Golfe de Gascogne, par plus de 4000m de fond. Les courants décideront de son parcours…

Le vrombissement d’Igor, – petit nom affectueux donné à notre moteur .Mardi 30 septembre.
On se passerait bien de cette musique là -surtout pour les équipiers qui dorment à côté-, mais faute de vent ce lundi, ses services nous évitent d’être rattrapés par les dépressions du Nord. Nous sommes en vue des côtes Galiciennes. Ouf, merci Igor.

Le souffle d’Eole. Vendredi 3 octobre.
Après une escale « ravitaillement » à Leixoes, au Portugal, nous quittons le port à la tombée de la nuit, et toutes voiles dehors croisons les porte-conteneur stationnés ici, géants d’aciers éclairés. Le vent établit à force 3-4 nous pousse vers l’île de Porto Santo, dans l’archipel de Madère. Il s’engouffre dans les voiles, cette mélodie là, Leenan Head ne s’en lasse pas, elle nous accompagne durant quatre jours non-stop.

Rythmiques. Lundi 6 octobre.
Ils vrillent, ils sautent, ils filent. Ils sont cinq, puis dix, puis une bonne vingtaine de dauphins bleus et blancs et tachetés jouant à l’étrave, à l’heure où le soleil se couche.

La mélodie de l’eau. Mardi 7 octobre.
Il fait nuit. Que ce soit dans le ventre de Leenan Head, ou postés à la barre, on entend l’eau qui glisse inlassablement contre la coque, au bout de quelques jours de mer, l’oreille aguerrie y distinguera le sens de la houle, l’allure et la vitesse du bateau…
Dehors, la lumière blanche se reflète sur la mer sombre. Leenan Head file à 7 nœuds, porté par la houle dans ce désert aquatique. L’atmosphère est paisible, presque mystique. La lune est ronde et blanche…le temps est comme suspendu.

Note finale – Vendredi 10 octobre
Le chant des grillons de nuit, pour nous accueillir à Porto Santo…

5 commentaires

  1. Bonjour et merci pour la photo postée de la mise à l’eau du flotteur.
    Bonne continuation à vous et je trouve que les touches décrivant votre périple sont poétiquement écrites.

    Nathanaële Lebreton

  2. Salut les petits loups,ça fait plaisir d’avoir de vos nouvelles et joliment raconte en plus bonne route à vous
    Antoine

  3. Oui joliment raconté, j’aime bien le passage sur le pouillot véloce et bien sûr les dauphins.
    Bonne nav A+.

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